Faut-il consulter un thérapeute ou un coach de vie?
Un thérapeute soigne des troubles de santé mentale. Un coach de vie travaille sur tes objectifs, tes décisions et les habitudes qui te séparent d’eux.
Alors, lequel des deux te faut-il ? Ça dépend de ce qui se passe vraiment pour toi. Et la plupart du temps, tu peux le savoir toi-même avec un peu d’honnêteté.
Je suis coach, donc garde ça en tête en lisant. Je préfère quand même envoyer quelqu’un chez un thérapeute plutôt que de l’accompagner sur un sujet pour lequel je ne suis pas formée.
Ce que fait chacun
Le thérapeute
Un thérapeute est un professionnel de la santé mentale diplômé. Selon le pays, ça peut être un psychologue, un psychothérapeute ou un travailleur social clinique.
Il est formé pour évaluer, diagnostiquer et traiter des troubles comme l’anxiété, la dépression, les traumatismes, les addictions ou les troubles alimentaires. Le travail regarde souvent en arrière : d’où vient un schéma, ce qui l’entretient, comment traiter les symptômes.
Des méthodes comme la thérapie cognitivo-comportementale (TCC) s’appuient sur des décennies de recherche. Et si un traitement médicamenteux est nécessaire, c’est un psychiatre qui le prescrit.
En France, les titres de psychologue et de psychothérapeute sont protégés par la loi. Il y a des règles, un cadre et quelqu’un vers qui se tourner si ça se passe mal.
Le coach de vie
Le métier de coach, lui, n’est pas réglementé. N’importe qui peut se présenter comme coach de vie, et c’est bon à savoir avant d’en choisir un.
Un coach travaille avec des personnes qui fonctionnent au quotidien et veulent avancer : une décision de carrière, une entreprise qui te mange toutes tes soirées, un objectif qui glisse de trimestre en trimestre. Il se concentre sur le présent et sur la prochaine étape.
Un bon coaching, c’est surtout des questions. Celles qui te font t’arrêter et réfléchir, au lieu de sortir la réponse que tu as déjà répétée. Ensuite, on transforme ce que tu trouves en plan, et le coach te tient à ce plan.
Les étapes pour évaluer ta situation
Fais-les dans l’ordre. Si l’une d’elles te donne clairement « thérapeute », tu peux t’arrêter là.
1. Mets des mots sur ce que tu veux changer
Écris ton problème en une seule phrase.
« Je veux développer mon activité sans travailler tous les week-ends » est une phrase de coaching. « Je n’arrive plus à me lever la plupart des matins et je ne sais pas pourquoi » est une phrase de thérapie. Beaucoup de gens se situent entre les deux, et c’est pour ça que les étapes suivantes existent.
Découvrez le Gratuit · Planificateur de la vision à l'action
Plus d’infos2. Regarde à quel point ça touche ton quotidien
Est-ce que tu arrives encore à travailler, dormir, manger et être là pour les gens qui comptent ? Si la réponse est plutôt oui, le coaching est envisageable.
Si tu vis une tristesse qui ne part pas, des crises de panique, une anxiété qui te submerge ou des pensées de te faire du mal, va d’abord voir un psychologue ou ton médecin. Le coaching n’est pas fait pour ça, et un coach qui t’accepte quand même ne te rend pas service.
Si tu es en danger immédiat, appelle le 112. En France, le 3114 est le numéro national de prévention du suicide, gratuit et joignable 24 h/24.
3. Demande-toi si tu as besoin d’un diagnostic
Seul un professionnel clinicien peut poser un diagnostic. Si tu penses avoir un trouble, ou si on t’en a déjà diagnostiqué un et que les symptômes reviennent, commence par une thérapie.
Un traitement validé par la recherche, comme la TCC, ou des médicaments quand c’est indiqué, un coach ne peut pas te les donner.
4. Regarde tes objectifs
Si ce que tu veux est précis (une promotion, un changement de poste, diriger ton entreprise avec plus de calme, arrêter enfin de procrastiner), un coach sera probablement le meilleur choix.
Le coaching sait transformer une envie floue en plan avec des dates. Il sert moins quand tu ne sais pas encore ce qui ne va pas.
5. Remarque si le passé revient sans cesse
Celle-ci est plus subtile. Certains blocages sont d’aujourd’hui : tu n’as pas de système, personne ne t’a appris à déléguer, ton agenda est un chaos.
D’autres viennent de loin. Un schéma de l’enfance, un traumatisme dont tu n’as jamais parlé, une réaction bien plus forte que la situation qui l’a déclenchée.
Le coaching peut travailler avec le premier type, même quand il est émotionnel. Un client, CEO d’une startup, est arrivé avec une forte culpabilité envers ses employés. Sur le papier, le problème avait l’air opérationnel, mais le blocage, c’était la culpabilité. Une fois qu’on l’a recadrée, il a pu vraiment diriger.
C’était du ressort du coaching parce que cette culpabilité concernait sa situation actuelle et que, pour le reste, il allait bien. Quand le blocage est plus ancien et plus lourd, c’est le travail d’un thérapeute.
6. Sois honnête sur ta disponibilité
Le coaching te demande d’agir entre les séances. Tester une autre façon de planifier ta semaine, avoir la conversation difficile, lâcher la tâche que tu gardes pour toi depuis des mois.
Si tu n’as pas l’énergie pour ça en ce moment, c’est déjà une information utile. Parfois, ça veut dire que ce n’est pas le bon moment. Parfois, que tu as d’abord besoin d’un autre type de soutien.
7. Demande à ceux qui te connaissent
Ton médecin, une amie qui est allée en thérapie, un collègue qui a travaillé avec un coach. Ils voient des choses que tu ne vois pas.
Ton médecin traitant est particulièrement utile : il peut écarter une cause physique et t’orienter vers un professionnel de santé mentale si besoin.
8. Vérifie la formation avant de réserver
Pour un psychologue, vérifie qu’il a bien un numéro ADELI ou RPPS (en France) ou l’équivalent là où tu vis. Pour un coach, demande-lui sa formation, avec qui il travaille d’habitude et ce qu’il fait quand un client a besoin de plus que du coaching.
Un bon coach a une réponse claire à cette dernière question. S’il n’en a pas, continue à chercher.
Conseils pour bien choisir
Ne t’autodiagnostique pas
Lire sur les symptômes en ligne peut t’aider à mettre des mots sur ce que tu ressens. Mais seul un professionnel qualifié peut te dire ce que c’est.
Un test, y compris mon quiz pour savoir si tu as besoin d’un coach ou d’un thérapeute, est un point de départ pour cette conversation. Rien de plus.
Fais une première séance avec chacun
Tu peux rencontrer un thérapeute et un coach avant de t’engager. Fais attention à la manière dont chacun parle de ton problème.
Le thérapeute pose en général des questions sur ton histoire et tes symptômes. Le coach, sur ce que tu veux et ce qui te bloque. Remarque laquelle des deux conversations est celle que tu venais chercher.
Psychology Today a publié un article clair sur la différence entre un coach et un conseiller (en anglais), écrit du côté de la thérapie, si tu veux un deuxième avis.
Accepte d’être réorienté
Un bon coach t’oriente vers une thérapie quand il repère quelque chose de clinique. Un bon thérapeute te dit quand tu as dépassé ce que la thérapie peut t’apporter.
La Harvard Business Review a publié un article sur les vrais dangers du coaching de dirigeants : des coachs sans formation en psychologie qui passent à côté de problèmes sérieux et les aggravent. Le texte date un peu, et il a toujours raison. Un coach doit savoir où son travail s’arrête.
Mets ton bien-être en premier
Si tu hésites entre les deux, commence par un thérapeute.
Faire le point avec lui puis travailler avec un coach te coûte quelques semaines. Te faire coacher avec un trouble non traité peut te coûter beaucoup plus.
Quand voir un thérapeute et un coach en même temps
C’est possible, et pour certaines personnes c’est la meilleure combinaison. Ça marche bien quand :
- Tu es en thérapie pour quelque chose de clinique et tu as aussi des objectifs concrets (un lancement, un changement de poste) que tu ne veux pas mettre en pause.
- Tu as terminé une thérapie et tu veux de l’aide pour mettre en pratique ce que tu as appris.
- Ton thérapeute travaille sur la raison pour laquelle tu fais des burnouts à répétition, et ton coach sur la façon dont ta semaine est construite.
- Tu diriges une entreprise, le stress est réel mais pas clinique, et tu veux à la fois un soutien émotionnel et quelqu’un pour t’aider à bâtir une structure.
Si tu vois les deux, parle de l’un à l’autre. Ils n’ont pas besoin de partager leurs notes, mais ils ne devraient pas te tirer dans des directions opposées.
Ce qu’un coach ne peut pas faire pour toi
Un coach ne peut pas te diagnostiquer, te prescrire des médicaments ni traiter un traumatisme. Il ne devrait pas non plus être ton seul soutien si tu traverses une crise de santé mentale.
Ce qu’il peut faire, c’est t’aider sur ce qui est coincé sans être cassé : les décisions que tu repousses, les objectifs qui ne passent jamais le mois de janvier, un travail qui a pris toute la place. J’ai écrit plus en détail sur cette frontière dans un life coach peut-il être un thérapeute ?.
Si le coaching te semble la prochaine étape, contacte-moi.
Le bon moment, c'était le trimestre dernier.
Dis-moi où tu es bloqué. On construira les systèmes autour.
Contactez-moiArticles récents
-
Comment surmonter la peur de se promouvoir quand on dirige une entreprise
Lire le blog -
Comment prendre des vacances quand on est chef d'entreprise (sans culpabiliser)
Lire le blog -
Comment surmonter la peur d'augmenter ses prix
Lire le blog -
Comment gérer la critique en tant que fondateur sans perdre confiance
Lire le blog -
Comment arrêter de microgérer son équipe
Lire le blog -
Le piège de l'arrivée (pourquoi le succès ne suffit jamais)
Lire le blog
Commentaires